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COMMUNIQUE DE PRESSE - BANQUE ET POUVOIR D'ACHAT

 

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BANQUES et POUVOIR D’ACHAT

des CONSOMMATEURS et des EPARGNANTS

 

Pour l’INDECOSA-CGT, le temps est venu de légiférer pour encadrer les

pratiques bancaires

 

 

 

 

Le gouvernement vient de décider d’abaisser, à partir de février, le taux du Livret A à 0,5% soit le  tiers  du  taux  d’inflation  pour  l’exercice  2019  (1,5%)  que  vient  d’établir  l’INSEE.  Ce  taux injustifiable est le taux le plus bas enregistré dans l’histoire du Livret A créé en 1818. Un Livret détenu  par  55  millions  de  français,  notamment  les  plus  modestes  (NB  :  Le  Livret  de développement durable et solidaire - LDDS, anciennement CODEVI puis LDD - sera également concerné par cette baisse de taux  de même que le Livret Jeunes verra également son taux diminué). Les banques, avec l’appui du Gouverneur de la Banque de France, sont les bénéficiaires toutes désignées de cette baisse du taux qu’elles ont sollicité et obtenu du gouvernement.

 

Lors d’un colloque organisé par la Caisse des Dépôts le 2 octobre dernier, Éric Lombard, son directeur général, s’est voulu rassurant sur cette future baisse de taux : “en moyenne, sur un Livret  A,  les  Français  ont  déposé  4.800  euros  en  2018.  Une  baisse  de  25  centimes  de  la rémunération leur coûterait environ 1 euro par mois.”

 

Le calcul de perte de pouvoir d’achat pour 55 millions de nos concitoyens est vite fait : 55 000

000 de Livrets A x 12 euros/an = 660 millions d’euros de perte globale qui viendront grossir les profits des banques déjà très copieux  (21 milliards d’euros en 2018 pour l’ensemble du secteur bancaire, ce qui en fait le secteur économique français le plus rentable).

 

Rappelons  également  que  les  frais  pour  incidents  bancaires  rapportent  chaque  année  6,5 milliards d’euros aux banques, un chiffre établi par 60 Millions de consommateurs en 2017 et qui n’a jamais été contesté depuis. Les banques s’étaient engagées devant Emmanuel Macron à plafonner les frais d’incidents à 25 € par mois pour les clients fragiles. Toujours selon 60

Millions de consommateurs, cette promesse n’est pas tenue. Après enquête, il apparaît que, parmi  les  interdits  bancaires  et  les  surendettés  qui  ont  participé  à  cette  étude,  78  %  ne bénéficient d’aucun plafonnement. Quant aux autres clients qui devraient, selon 60 Millions de consommateurs, être éligibles au plafonnement (moins de 1 800 € de revenus et plus de 40

€  de  frais  pour  incidents  par  mois),  91  %  n’ont  pas  non  plus  de  limite  à  leurs  frais  pour

incidents.

 

Ajoutons que les banques ne rémunèrent pas les dépôts sur comptes courants des particuliers (mais envisageraient à plus ou moins long terme, selon certains articles de presse, de pratiquer des   taux   d’intérêt   négatifs   sur   ces   dépôts).   Cette   absence   de   rémunération   était historiquement  la  contrepartie  de  la  gratuité  de  l’usage  du  chèque  et  s’accompagnait  de l’absence de frais de tenue de compte.

 

Aujourd’hui,  quasiment  tous  les  réseaux  font  payer  des  frais  de  tenue  de  compte  qui  ont explosé  ces  dernières  années  (selon  le  rapport  2019  de  l’Observatoire  des  tarifs  bancaire, rattaché à la Banque de France, le tarif moyen des frais de tenue de compte a augmenté de

164,08% entre décembre 2012 et janvier 2019). A noter que les frais de tenue de compte ne sont pas liés à un service bancaire clairement identifiable, certains établissements avançant qu'ils correspondent au coût de gestion informatique et humain du compte… Cette explosion des frais de tenue de compte n’a pas conduit les réseaux bancaires à remettre en cause leur politique consistant à fermer des centaines d’agences bancaires chaque année sur le territoire national et donc à dégrader la qualité de service offerte à la clientèle sans révision à la baisse de leur politique tarifaire.

 

Quant aux coûts de traitement des chèques, ils ont considérablement diminué, depuis très longtemps, avec le déclin de l’usage du chèque et son traitement largement automatisé. Aussi, la  question  de  la  rémunération  des  comptes  courants,  en  faveur  de  la  clientèle,  doit  être publiquement soulevée.

 

Les  relations  banques/clients  sont  trop  dépendantes  de  la  collusion  et  de  la  connivence existantes entre les réseaux bancaires, le Gouverneur de la Banque de France et le Ministère des   Finances  qui   s’abstiennent   systématiquement  par   exemple,  de  toute   consultation préalable des associations de consommateurs avant de fixer le taux de rémunération du Livret A. Le plafonnement des frais d’incidents repose entièrement et de manière délibérée sur des engagements professionnels non tenus car dépourvus de toute sanction.

 

Aussi,  l’INDECOSA-CGT  va  saisir  l’ensemble  des  groupes  parlementaires  de  la  nécessité urgente de légiférer pour sauvegarder le pouvoir d’achat de nos concitoyens, notamment :

 

  • en garantissant que la rémunération du Livret A soit au moins égale à l’inflation,
  • en encadrant le plafonnement des frais d’incidents de paiement et en prévoyant des sanctions à l’égard des banques en cas de non-respect des règles édictées,
  • et en rémunérant les dépôts sur comptes courants.

 

L’ampleur  des  bénéfices  réalisés,  ces  dernières  années,  par  les  banques  françaises  (21 milliards d’euros en 2018, 26,2 milliards d’euros en 2017, 23,5 milliards en 2016 …) souligne à quel point les relations banques/clients sont aujourd’hui totalement déséquilibrées dans notre pays.

 

Montreuil, le 16 janvier 2020.



REVUE DE PRESSE N°2 INDECOSA CGT FEVRIER 2020

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