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Communiqué de presse

 

COMMUNIQUE DE PRESSE EN SOUTIEN AUX CHEMINOTS DU 5 AVRIL 2018

 

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LE COMMUNIQUE

En tant qu’association d’usagers, nous ne nous laisserons pas prendre aux sirènes de la propagande gouvernementale qui voudrait nous monter contre les salariés de l’entreprise SNCF désignés comme « des privilégiés ».

 

Ce discours relève en réalité de la supercherie, car l’attaque frontale engagée par le président des riches et son gouvernement contre les cheminots et leur statut est la première phase d’une offensive générale contre les acquis sociaux, à commencer par les services publics, dont celui du transport.

 

Une défaite infligée aux cheminots, aujourd’hui fer de lance de la résistance, serait la porte ouverte aux projets destructeurs d’un gouvernement entièrement acquis à la cause des nantis.

 

En s’attaquant à eux, Macron veut donner une leçon à l’ensemble des salariés et faire passer ensuite, dans la logique de la casse du droit du travail, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, pour s’attaquer de nouveau au système des retraites …

 

Voilà l’enjeu éminemment politique de la bataille du rail.

 

Le scénario parfaitement orchestré qui a consisté à balancer d’abord le rapport SPINETTA, présenté comme le début de l’apocalypse, suivi ensuite de déclarations apaisantes et de pseudo engagements du gouvernement pour préserver les petites lignes, ne pas augmenter les prix, préserver le statut pour ceux qui en bénéficient déjà … n’aura pas suffi à rassurer ni les premiers intéressés, ni à convaincre l’opinion publique, en dépit de prétendus sondages « favorables ».

 

S’agissant de ce fameux statut qui concerne 148 000 salariés, comment peut-on croire qu’en le supprimant et en instaurant la concurrence entre plusieurs transporteurs ferroviaires, on ferait arriver les trains à l’heure, on ferait baisser le prix des billets, on diminuerait la dette, bref on réglerait tous les problèmes de la SNCF au bénéfice des clients et usagers ?

 

Or, la fin du statut permettrait d’économiser au mieux 100 à 150 millions d’euros, alors que la dette imposée par l’Etat à l’entreprise représente 46 milliards d’euros.

 

Cette dette, il faut le souligner, provient essentiellement des investissements réalisés dans les lignes à grande vitesse et autre TGV au détriment du réseau secondaire.

 

Par ailleurs, les comptes annuels de la SNCF font apparaître pour l’année 2017 un bénéfice de 1,2 milliard d’euros, ce qui n’est pas si mal pour une entreprise à l’agonie.

 

Le projet de « réforme » du rail, actuellement sur la table a été préparé de longue date par les gouvernements précédents. La SNCF a été éclatée en une multitude de filiales (il y en aurait plus de mille), en n’embauchant que sous droit privé (115 000 salariés hors statut), en faisant pression sur les salaires et les conditions de travail (cf. la lutte des Chibanis marocains), en recourant aux contrats précaires (CDD, intérimaires, sous traitance). Le processus de privatisation est déjà bien avancé qui s’est en outre accompagné de la séparation de l’entreprise en trois entités : SNCF (Holding), SNCF Réseau (Infrastructures), SNCF Mobilités (transport voyageurs et marchandises). La stratégie déployée consiste déjà à mettre en concurrence la maison-mère avec ses propres filiales, ce qui aboutit, par exemple à fragiliser, pour des raisons de rentabilisation, le réseau ferré et abaisser les normes de sécurité (cf. l’accident de Brétigny).

Le cœur de la réforme Macronnienne pour la SNCF consiste à lui faire changer de statut, d’EPIC à SA (société anonyme) à capitaux publics (dans un premier temps) ; rien n’empêcherait ensuite d’ouvrir le capital au privé, comme ça a été le cas pour France Telecom (Orange), La Poste, EDF-GDF, Aéroports de Paris ... L’objectif est de couper le cordon ombilical entre l’entreprise et l’Etat pour éviter d’avoir en particulier à garantir les emprunts et assumer la dette et accessoirement lever la question de la distorsion de concurrence.

 

L’ouverture à la concurrence qui en découlerait remettrait totalement en cause le service public du transport ferré, déjà bien malmené par la concurrence parfaitement déloyale celle-là, du transport routier, de marchandises (les poids lourds ne contribuent pas à l’entretien du réseau routier) et de voyageurs avec les cars « Macron ».

 

Les vieilles recettes libérales ont déjà été expérimentées : à l’exemple de celle du Royaume-Uni dans les années 1990 qui s’est révélée désastreuse pour la sécurité des lignes (incidents et accidents se sont succédé), avec une hausse des prix vertigineuse (+ 117 % en moyenne), des abonnements 10 fois plus élevés que dans le reste de l’Europe … au point que même le gouvernement conservateur de Theresa May ne repousse pas l’idée d’une renationalisation du réseau ferré.

 

Ce que les usagers-citoyens veulent, INDECOSA-CGT en est convaincue, c’est la garantie de pouvoir circuler sur tout le territoire à des conditions tarifaires justes et transparentes, dans les meilleures conditions de sécurité, de régularité et de confort.

 

Avec les cheminots à qui nous apportons tout notre soutien, nous défendons l’idée que la réforme Macron qui repose sur l'ouverture à la concurrence, la casse sociale avec la disparition du statut et la transformation de l'entreprise publique en une société par actions doit être retirée.

 

 

Paris le 5 avril 2018

 



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